Biocarburants, moteur du développement rural ?

biocarburant

Une production à grande échelle des plantes destinées à la production de biocarburants offre des opportunités pour les agriculteurs, notamment dans les pays en voie de développement. Une transition qui doit toutefois être résolue de façon durable, pour éviter un impact désastreux sur la biodiversité et la sécurité alimentaire, affirment les experts de la FAO.

 Il n’est pas étonnant que l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) se penche sur le sujet de la production des biocarburants. En se focalisant sur les enjeux liés à l’agriculture, l’organisation internationale s’attelle à répondre à la problématique du développement et au problème de la faim dans le monde. Lors d’un récent colloque à Rome,  les experts se sont accordés sur la ligne de conduite à adopter en matière de bioénergie, de sécurité alimentaire et d’environnement : une production lucrative de bioénergie ne peut se réaliser au dépend de la production locale de nourriture. Privilégier une culture au détriment de l’autre pourrait avoir un effet dramatique sur des groupes démographiques déjà en difficulté pour subvenir à leurs propres besoins et souffrant d’insécurité alimentaire.

Les grandes parcelles de terre dédiées à  la monoculture de plantes  qui serviront à la production de biocarburants, peuvent entraîner des conséquences nocives pour les écosystèmes. Ceux-ci offrent à l’humanité des services inestimables tels que l’eau propre, la production d’oxygène ou le stockage des gaz contribuant à l’effet de serre. Les monocultures constituent en effet une menace pour toutes sortes de plantes, insectes, oiseaux et autres animaux. La diminution de ces espèces agit sur les interactions existant entre ces espèces, et diminue ainsi la biodiversité, et la force de l’écosystème. Selon les experts de la FAO,  la production de biocarburants serait profitable pour l’environnement si elle s’effectue dans un paysage de mosaïques, en cohabitation avec d’autres cultures. Au sein d’une telle mosaïque, ces parcelles dédiées peuvent rendre des services avantageux : protection contre le vent, rétablissement des territoires dégradés, habitat pour la biodiversité, et toutes sortes de services favorables  à l’écosystème.

Les experts de la FAO ne doutent pas du rôle important des biocarburants dan la réduction des émissions de CO2 en remplacement des combustibles fossiles. En outre, cette production peut s’inscrire dans une relance de l’économie agricole, essentiellement dans les pays en voie de développement. Un aspect positif donc, en terme de créations d’emplois et de développement de nouvelles infrastructures. Mais la sécurité alimentaire et la préservation de la biodiversité restent toujours plus importantes que  le démarrage des voitures et autres moyens de transport. C’est le rôle des gouvernements de s’en assurer et la FAO fournit ainsi un forum neutre, et un soutien en matière de politiques.