OGM contre agriculture durable

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Septembre 2005, l’Union Européenne donne l’autorisation d’importer du colza génétiquement modifié GT73. Les organisations agricoles tirent la sonnette d’alarme : les plantes non modifiées pourraient irrévocablement être contaminées par l’importation de l’OGM et à long terme, c’est la fin de l’agriculture durable.

Le colza GT73 ressemble à s’y méprendre au colza normal. La seule différence est un gène conçu par l’entreprise américaine Monsanto. Ce gène, modifiant la structure ADN de la plante, permet à cette dernière de résister à l’herbicide glyphosate (plus connu sous le nom Round Up). Cet herbicide  aspergé sur un champ de colza GT73 donne des résultats impressionnants : plus une mauvaise herbe. A vrai dire, pas une plante ne résiste, sauf le  colza transgénique qui a donc été modifié dans ce but précis. Selon cette même méthode, le colza, mais aussi le soja, le maïs et d’autres plantes peuvent être modifiées pour résister aux insectes nuisibles.

La Commission Européenne, après une évaluation approfondie, part du principe que cette variété de colza est saine et sûre et peut donc être admise dans le cadre de la libre circulation des biens et services. Cette décision est totalement en contradiction avec le principe de précaution. La porte pour l’introduction d’autres produits OGM dans l’Union Européenne vient d’être ouverte.

Cette forme de technologie génétique s’inscrit dans une agriculture à grande échelle, automatisée,  mécanisée, produisant des espèces hybrides et uniformes. Une plante sera donc cultivée de la même manière dans le monde entier et la qualité du produit sera supposée similaire partout. A l’opposée, l’agriculture durable. Au lieu de travailler massivement avec des pesticides et autres produits chimiques, l’agriculture durable s’adapte à son environnement et à la biodiversité locale. Dans ce système d’agriculture, les insectes, le sol et le climat local sont considérés comme des atouts qui créent des produits de qualité unique. Un problème majeur apparaît : comment garantir que les OGM ne remettent en cause cet équilibre naturel ?