Esprit vert : Recycler les voitures hors d’usage

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Un, deux. Et hop, une voiture de vendue…toutes les deux secondes, l’industrie automobile lâche une de ses productions polluantes sur Terre. Ce chiffre donne une idée de la place prépondérante que prend dans nos vies industrialisées ce moyen de locomotion. Aussi, recycler les voitures hors d’usage est indispensable pour préserver notre environnement.

 Au bout de centaines de milliers de kilomètres, votre fidèle voiture vient de pousser son dernier soupir. Que faire de cette épave encombrante ? Depuis 1999, l’Europe impose à ses citoyens de minimiser la pollution des cadavres automobiles. Pour y parvenir la Belgique a mis sur pied des centres agréés qui détruisent dans les règles de l’art les véhicules hors d’usage. Après avoir délivré un certificat de destruction, ces centres (il en existe 28 en Belgique) extirpent tous les fluides et composants dangereux du véhicule, récupèrent ce qui peut l’être pour un usage futur, et enfin réservent un sort de confettis ou gros cube compressé à la carcasse restante.

En Belgique, c’est l’asbl Febelauto qui veille à ce que ce recyclage tienne la route. Et elle a fort à faire puisque rien que pour notre pays, plus de 500 000 véhicules sont introduits par an ! L’Europe a fixé un objectif ambitieux pour ces centaines de millions de kilos roulants : en  recycler ou valoriser 85% d’ici 2006, puis 95% d’ici 2015. Sous cet angle, la Belgique devrait remettre un bon bulletin puisqu’en 2004, elle retraitait utilement 81% des carcasses automobiles.

Hors d’une voiture, les métaux ferreux et non ferreux sont recyclés sans perte de qualité. Un broyeur (appelé le  ‘Shredder’) réduit toute matière enfournée en petits morceaux. Des pôles magnétiques séparent ensuite la ferraille des métaux non-ferreux et stériles lourds. Après traitement, ces matières sont réintroduites dans un circuit de production. Chaque année grâce à ce procédé, entre 2 et 3 millions de tonnes de métaux ferreux et près de 320.000 tonnes de non-ferreux sont collectés et traités en Belgique. Moins performant et moins intéressant financièrement, le recyclage des matières plastiques, le verre et le caoutchouc atteignent malgré tout un recyclage du matériel de 40%.

Mais le défi consiste autant à amener l’épave à bon port de destruction qu’à la recycler. Or, si 92186 d’entres elles sont entrées dans les centres agréées en 2004 (soit une augmentation de 31% par rapport à 2003), Febelauto sait que ce chiffre est « encore loin du nombre de véhicules hors d’usage réellement détruits chaque année en Belgique ». Pour mettre fin à ces casses anonymes, Febelauto propose notamment de mettre en place un système administratif pour ‘tracer’ les différents propriétaires d’un véhicule. Le dernier d’entre eux, constatant le décès de sa monture d’acier, devra lui offrir un ultime voyage digne et écologique.